Journée d'étude Present Continuous Past II - Milieux sonores, écoute, composition et pratiques sonores in situ
Date et horaires : 26 mars 2026, 9h00 - 18h00
Comité d’organisation : Anna Charrière (Doctorante APESA, Paris 1), Julie Michel (Doctorante LISAA, UGE), Azadeh Nilchiani (Postdoc DEM’ARTS-ACTE, Paris 1).
Comité scientifique : Miguel Almiron PR (ACTE, Paris 1), Geneviève Mathon PR (LISAA, UGE), Azadeh Nilchiani (Postdoc DEM’ARTS-ACTE, Paris 1)
Partenaires de la journée d'étude : le projet DEM’ARTS, l'École doctorale 279 APESA et l'institut ACTE de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, laboratoire LISAA, université Gustave Eiffel.
>> Inscription nécessaire pour les personnes extérieures à l’Université Paris 1 :
https://demarts.pantheonsorbonne.fr/inscription-la-journee-detude-present-continuous-past-ii
Intervenant.e.s
Keynote: Bill Fontana
Matin : Hommage à Pierre Mariétan
Roberto Barbanti, Mihu Iliescu, Sylvie Guichard, Nathan Belval, Ray Gallon, Carmen Pardo Salgado
Après-midi
Christine Groult, Michel Risse, Christian Zanési
Aurélie Herbet, Stéphane Marin, Eleni-Ira Panourgia, Mélia Roger
* La journée d’étude s’accompagne de l’Exposition Pierre Mariétan – Démocratie sonore, présentée à la bibliothèque de l’École des arts de la Sorbonne.
Du 23 mars au 30 avril, vernissage le 8 avril 2026, 18 h – 19 h 30.
Programme
9h - 9h15. Accueil
9h15 - 9h30. Introduction : Miguel Almiron
9h30 - 12h00. Matinée en hommage à Pierre Mariétan
Roberto Barbanti, Mihu Iliescu, Sylvie Guichard, Nathan Belval, Ray Gallon, Carmen Pardo Salgado (en visio)
Modération : Geneviève Mathon et Azadeh Nilchiani
Pause déjeuner (12 h - 14 h)
14 h - 15 h. Keynote : Bill Fontana (en visio)
15 h – 16 h 15. Session I : Composition électroacoustique, dispositifs et création sonore in situ
Christine Groult, Michel Risse, Christian Zanési
Modération : Anna Charrière
16 h 15-16 h 30. Pause
16 h 30–18 h. Session II : Écoute et créations sonores dans les espaces de vie
Aurélie Herbet, Stéphane Marin, Mélia Roger, Eleni-Ira Panourgia (en visio)
Modération : Julie Michel
18 h. Clôture de la journée
Présentation
Comment documenter, renouveler et transmettre les démarches artistiques qui ont contribué à l'émergence des pratiques in situ des arts sonores ? La vocation de cette journée d'étude est de privilégier l'échange et la circulation des savoirs entre générations de créateurs, de chercheurs et de pédagogues autour de ces pratiques in situ telles que installations sonores, soundwalk, field recording, performances et créations pour sites spécifiques. Elle propose de revenir sur un héritage vivant tout en interrogeant les pratiques contemporaines qui questionnent notre rapport à nos environnements de vie à travers le son.
À l’École des arts de la Sorbonne de l’université Paris 1, de 1969 à 1988, Pierre Mariétan dispense un enseignement abordant les questions de l’urbanisme, de l’architecture, du paysage et de la morphologie de l’environnement et de l’habitat (Thiessoz Reynard et Matthey, 2009). Iannis Xenakis, professeur associé à l’U.E.R. des arts plastiques et sciences de l’art de l’université Paris 1, met en place dès 1972 un séminaire intitulé « Formalisation et programmation dans les arts visuels et en musique ». (Barthel-Calvet)
Le travail pionnier de l'artiste californien Bill Fontana, engagé dès la fin des années 1960, témoigne du développement d'une pratique de l'art sonore in situ, essentiellement ancrée dans l'espace urbain, qui explore les structures et éléments architecturaux ainsi que les infrastructures urbaines. Selon les termes de l’artiste : « La musique est un état d'esprit, une façon d'aborder le monde. C'est une façon de découvrir les motifs et les structures déjà existantes dans le monde acoustique. » (Fontana, 2005)
Ces démarches créatives et ces enseignements, parmi d’autres pratiques alors en émergence, ont forgé une réflexion novatrice notamment autour des relations entre son, espace et environnement. En effet, leur travail s'inscrit dans une histoire plus large des arts sonores et de la musique qu'il convient de considérer à nouveau. Dans la continuité de la première journée d’étude Present Continuous Past – Archéologie des arts numériques, qui a eu lieu en mars 2025, cette deuxième journée veut donner la parole à celles et ceux qui ont contribué et contribuent à la création, à la recherche et à la transmission des arts sonores in situ.
La création d’œuvres sonores intégrées dans le milieu de nos vies nécessite une approche transdisciplinaire, et leur analyse demande une lecture plurielle de l’œuvre et de l’espace dans lequel elle prend place. Pierre Mariétan défend une approche de la création sonore dans laquelle écoute et composition se nourrissent mutuellement : « Il n’y a pas de doute que les expériences menées à l’écoute des faits sonores de notre milieu et de l’environnement sont étroitement liées, dans un échange incessant, à l’entreprise de création. Composer ne consiste pas uniquement à produire des sons, c’est aussi une action structurant l’écoute, la rendant accessible, sans nécessairement la diriger. » (Mariétan, 2014)
Selon Brandon LaBelle, la seconde moitié du XXᵉ siècle marque un tournant décisif dans la manière dont l’art se comprend comme une capacité à s’adresser au monde, au-delà d’une catégorie abstraite ou autonome. Cette évolution se manifeste notamment à travers les pratiques in situ (site-specific) et contextuelles, qui intègrent directement les paramètres matériels, spatiaux, informationnels, culturels et sociologiques du lieu dans la conception même de l’œuvre. Il est également question d’une critique des structures de l’art, de ses institutions et de ses discours, pour privilégier des formes dématérialisées telles que l’événement ou l’action éphémère. La coïncidence de ces méthodologies avec l’émergence de l’art sonore n’est pas fortuite : le déplacement de l’objet vers l’environnement, d’un point d’attention unique vers une multiplicité de points de vue, correspond à la nature « relationnelle, spatiale et temporelle du son lui-même » pour reprendre les mots de LaBelle. (LaBelle, 2006)
Quant aux modalités de l’intervention artistique in situ, Daniel Charles souligne que la désignation d’environnements ordinaires comme œuvres d’art ne suffit pas, en elle-même, à en transformer la banalité quotidienne, si elle ne s’accompagne pas d’une « gestuelle proprement opératoire — à base de déphasages et de réorganisations ». (Charles, 1998)
Cette position invite à considérer les pratiques sonores in situ comme des dispositifs capables de transformer notre perception de l'environnement.
Les créations sonores qui se développent conjointement aux projets d’aménagement urbain ou de restauration des sites patrimoniaux constituent des cas propices pour élaborer des méthodologies d’analyse portant sur les relations entre les sites d’accueil, les installations artistiques et les processus d’aménagement. Aujourd’hui, diverses initiatives visent à intégrer des créations artistiques au sein des projets de transformation de l’espace urbain, notamment en s’appuyant sur la démocratisation des dispositifs et outils numériques et sur leur autonomie croissante, que ce soit à travers des commandes artistiques, des festivals dédiés à l’art urbain ou encore des dispositifs associatifs.
Cette expérience d’écoute dès lors inédite de lieux que nous habitons, traversons et partageons collectivement nous invite à prendre conscience des transformations qui affectent ces espaces, liées au temps, aux pratiques sociales, à l’environnement et aux activités humaines.
Nous chercherons à mettre en discussion les problématiques soulevées par ces pratiques créatives :
- Comment penser la question de l’écoute, ses formes, ses conditions et ses médiations dans le milieu de nos vies ?
- Selon quels critères choisit-on un lieu pour y inscrire une œuvre ou intervention sonore ?
- Quels impacts les créations sonores in situ peuvent-elles avoir sur les formes d’interactions sociales ?
- Comment les technologies numériques actuelles transforment-elles les approches créatives in situ ?
- Quelles approches esthétiques pouvons-nous distinguer dans la démarche créative in situ ?
- La forme esthétique d’une création sonore in situ conditionne-t-elle sa capacité à agir sur l’écoute de l’environnement ?
Enfin, il sera essentiel d'examiner comment ces créations, qui peuvent relever tour à tour ou conjointement de l'esthétique, de l'écologie, de l'histoire et du social, peuvent contribuer à repenser de nouvelles formes d'écoute et de conscience et à proposer des pistes pour l’aménagement de nos espaces communs.
Contact
Azadeh.Nilchiani@univ-paris1.fr, Anna.Charriere@etu.univ-paris1.fr, julie0michel@gmail.com
Public : La journée d’étude est ouverte aux chercheur.e.s, artistes et étudiant.e.s
Suivre la journée à distance
Lien du matin (9 h-12 h)
https://p1ps.cloud.panopto.eu/Panopto/Pages/Viewer.aspx?id=9afb28b4-53d8-4f05-8854-b3f501194bbb
Lien de l'après-midi (14 h-18 h)
https://p1ps.cloud.panopto.eu/Panopto/Pages/Viewer.aspx?id=fdb3e166-68d6-48b0-bf34-b3f5011a1394